Calendrier

Tripadvisor

 

 

 


Somptueuse, céleste, royale, la soie incarne la beauté.

Ce tissu n'a encore jamais été égalé. En effet, on ne retrouve ses qualités dans aucun autre tissu. Le ver à soie appelé aussi bombyx mori (ou bombyx du mûrier) serait-il plus fort que l'homme pour créer un fil si résistant (résistance comparable à un fil d'acier de même section).
La soie offre un confort thermique très appréciable ;  elle tient chaud en hiver et au frais en été, de plus elle est hypoallergénique.
C'est un tissu vraiment fabuleux mais tellement rare.

Mais comment a-t-on découvert ce fil aux vertus incomparables ?

Selon la très ancienne légende, la soie a été découverte en Chine, il y a environ 4000 ans (en 2700 av. JC) :

« La princesse Xi  Ling Shi était en train de jouer avec un cocon de bombyx quand tout à coup il tomba dans sa tasse de thé. Elle le reprit dans sa main et tira délicatement sur un petit fil qui dépassait et quand elle arriva au bout, le cocon avait disparu et avait laissé la place à un long fil. La princesse décida alors de planter de nombreux mûriers blancs dans son jardin pour élever des vers à soie. Les vers à soie (ou bombyx) et les mûriers  furent divinement bien soignés par la princesse (les vers à soie se nourrissent uniquement de feuilles de mûriers blancs).»

D'après la légende, elle fut la première à dévider un fil de soie.

Ensuite, on découvrit que l'on pouvait faire avec ce fil des tissus aux qualités incomparables. Il devint alors un produit réservé à la confection de vêtements impériaux. La soie resta pendant plusieurs millénaires un secret bien gardé par les chinois : un décret impérial punissait de mort quiconque tenterait de divulguer ce secret.
A ce jour, les soies les plus anciennes qui ont été retrouvées datent de 3000 av. JC ; ce sont des rubans ou des fragments de tissus uniquement de couleur rouge.

 

C'est seulement 1 ou 2 siècles après Jésus-Christ que la soie traversa les frontières et donna naissance à ce que l'on appela plus tard « la route de la soie ». Plusieurs versions de ce voyage existent ; pour certains ce serait l'empereur Justinien qui envoya deux moines en Asie en 552 et ces derniers auraient ramené des graines de vers à soie cachées dans un bambou ; pour d'autres ce serait l'empereur Han Wu (IIème siècle après JC)  qui envoya des ambassadeurs, munis de présents telle que la soie, vers l'occident.
La soie voyagea ensuite dans le monde entier et plus particulièrement en Asie et au Proche Orient.

La sériciculture est l'activité agricole oeuvrant pour l'élevage de vers à soie (ou bombyx mori) et la production de mûriers blancs également appelé « l'arbre d'or »

« Cet arbre est pour l'homme un des plus utiles qui existent, il lui donne ses feuilles qui lui font récolter le plus précieux et le plus beau des textiles, son fruit qu'il peut manger et qui sert à nourrir les animaux, une écorce dont il tire de quoi se vêtir, un bois qu'il utilise pour se meubler et qui sert encore à le réchauffer et à faire cuire ses aliments. »

Olivier de SERRES
« Théåtre d'Agriculture et Mesange des Champs », 1600

 

En ce qui concerne l'Europe, on sait que les romains raffolaient de ce tissu, mais on suppose que ce n'est qu'au Xème siècle que les premières tentatives de sériciculture furent effectuées en Italie du Sud. Pendant longtemps le marché européen de la soie fut exclusivement Italien.

Pour l'apparition du mûrier blanc en France, il existe de multiples hypothèses : pour certains, il fit son apparition avec Louis XI. D'autres, tel que Olivier de Serres, pensent que c'est avec son successeur, Charles VIII (après son expédition en Italie, on aurait planté des mûriers blancs dans la région de Montélimar). Certains disent que ce n'est ni Louis XI, ni Charles VIII qui a introduit le mûrier blanc en France mais qu'il serait arrivé au XIIème siècle lors de la première conquête de Naples. Une chose est quasiment certaine : la sériciculture est d'abord apparue dans le Sud de la France. Plus tard, on trouva des mûriers blancs dans 63 départements.

La sériciculture prit de l'importance sous Henri IV qui, sur les conseils de Olivier de Serres, fit intensifier la plantation de mûriers blancs. Il fournissait gratuitement aux agriculteurs les plants et les graines de mûriers ainsi que les oe“ufs de vers à soie. Vers 1850, la sériciculture atteignit son apogée. Puis, une terrible maladie apparut : la pébrine. La production diminua énormément, bien que, Pasteur ait réussi à éliminer cette maladie. Ensuite, plusieurs événements telle que l'ouverture du Canal de Suez (1856), qui ouvrit les portes à la concurrence des autres pays, l'invention des textiles artificiels (XXème siècle) découragèrent les agriculteurs et de nombreuses magnaneries (fermes réservées à l'élevage du ver à soie) fermèrent leurs portes.

Au XIXème siècle, Lyon devient un haut lieu de la soierie. Peu de temps après, la soie arrive sur les métiers à tisser de Bussières.